 Mise à jour : Mai 2004
Les Canadiens figurent parmi les peuples utilisant le plus d’énergie dans le monde. Dans un pays froid, l’énergie est essentielle tant pour l’économie que pour la vie — et la consommation d’énergie est un défi de taille sur le plan environnemental.
La vie dans un climat nordique tel que le nôtre exige l’utilisation d’énergie pour chauffer les maisons, les bureaux et les manufactures et pour nous éclairer durant les longues soirées des mois d’hiver. Notre économie de ressources dépend d’industries dont la consommation d’énergie est exceptionnellement élevée. C’est le cas notamment de l’industrie minière, forestière, pétrochimique, des pâtes et papiers, du raffinage et de la fabrication de l’acier. Nous utilisons également l’énergie pour transporter des biens et services sur de longues distances, à l’intérieur d’un très vaste pays peu peuplé.
Par conséquent, la consommation d’énergie par habitant est de 18 pour cent plus élevée qu’aux États-Unis et plus de deux fois plus élevée qu’en Europe ou au Japon. En 2001, la consommation d’énergie du Canada par dollar US de production est était de 62 pour cent supérieure à celle des États-Unis et deux fois plus élevée que les niveaux enregistrés en Europe et au Japon.
Bien que le Canada ne représente que 0,5 pour cent de la population mondiale, sa consommation d’énergie équivaut à 3,1 pour cent de l’énergie consommée à l’échelle mondiale en 2001. Malgré un taux élevé de consommation d’énergie, le pays produit un faible pourcentage des émissions de carbone à l’échelle mondiale. En 2001, ce taux s’est établi à environ 2,5 pour cent. Par personne, les émissions de carbone du Canada sont de neuf pour cent inférieures à celles des États-Unis, qui est de loin le plus important pays consommateur d’énergie. Cela s’explique par le fait qu’une très grande portion de notre électricité provient de l’électricité hydroélectrique (56 pour cent) et nucléaire (13 pour cent) et que les combustibles utilisés dans les industries, les commerces et les maisons proviennent en grande partie de gaz naturel à basse teneur en carbone (39 pour cent).
Au Canada, nous avons besoin de beaucoup d’énergie — toutefois, les différentes sources d’énergie que nous employons produisent moins de carbone par b.t.u. que tout autre grand pays industrialisé. Et, à titre de pays importateur d’énergie canadienne, les États-Unis bénéficient également de cet avantage. En 2003, les États-Unis ont importé du Canada 3,49 billions de pieds cubes de gaz naturel en basse teneur en carbone dont la valeur s’établit à 25,6 milliards $.
Néanmoins, le Canada fait face à des enjeux importants sur le plan environnemental, alors que notre consommation d’énergie augmente pour soutenir une économie croissante et une population qui poursuivra sa croissance au cours du 21e siècle.
Le Canada s’est engagé à réduire les émissions de gaz à effet de serre — reliées aux enjeux du réchauffement planétaire — de six pour cent sous les niveaux de 1990 d’ici à 2008-2012. L’économie canadienne a connu une croissance considérable entre 1999 et 2001, au même titre que les émissions de gaz à effet de serre qui ont augmenté de 20,1 pour cent. Ainsi, le Canada devra réduire ses émissions d’environ 29 pour cent, sous les niveaux prévus de 2010, s’il souhaite atteindre la cible qui lui a été fixée en vertu du Protocole de Kyoto, une entente entraînant des obligations juridiques pour les parties qui y sont liées.
La réduction des émissions de gaz à effet de serre est directement liée à la consommation d’énergie et le secteur énergétique canadienne consacre maints efforts à la diminution de sa propre consommation d’énergie. Les sociétés œuvrant dans le secteur de l’électricité sont des participants de premier plan au programme Défi-climat (Mesures volontaires et Registre), qui a permis de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 13 millions de tonnes durant une période de trois années se terminant le 31 décembre 2001.
Mais les efforts fournis pour réduire les émissions de gaz à effet de serre au Canada rencontrent d’épineux problèmes. Chaque année, la consommation totale d’énergie augmente d’un ou deux pour cent, accentuant du même coup les émissions. Les possibilités de développer des projets hydroélectriques à grande échelle sont limitées, étant assujetties aux revendications territoriales formulées par les Premières nations, aux enjeux liés à l’habitat faunique et à d’autres considérations environnementales, incluant les préoccupations au sujet de l’inondation des terres agricoles.
Actuellement, l’industrie de l’énergie nucléaire canadienne à émission zéro n’affiche pas un niveau de production optimal puisque plusieurs réacteurs ont été mis hors service pour une restauration prolongée.
À l’avenir, il est possible que la croissance rapide de la production de gaz naturel à basse teneur en carbone soit freinée en raison des limites fixées pour les dernières réserves de gaz naturel du Bassin sédimentaire de l’Ouest canadien. Pour la première fois en 2001, la production totale de bitume brut de l’Alberta à partir des sables bitumineux a été supérieure à la production d’un baril de pétrole classique de pétrole brut. Cependant, un baril de sables bitumineux contient un taux de gaz à effet de serre trois fois plus élevé qu’un baril de pétrole classique.
Les producteurs de sables bitumineux sont parfaitement conscients de la nécessité de limiter leur utilisation d’énergie et, par le fait même, les émissions qui y sont liées. Les nouveaux projets d’extraction de sables bitumineux font appel à des pipelines fonctionnant selon le procédé de préformage par bain pour transporter les sables bitumineux vers les usines de traitement. Ce système applique un traitement préalable au minerai extrait d'un gisement de sables bitumineux et réduit la quantité d’énergie requise pour appliquer le procédé d’extraction à l’eau chaude. Mais la quantité d’énergie utilisée demeure élevée et bon nombre de producteurs de sables bitumineux ont également conclu des partenariats en matière de cogénération d’énergie électrique pour contrebalancer leurs émissions de gaz à effet de serre.
Pour produire de l’électricité, les centrales de cogénération électrique ont recours à des turbines alimentées au gaz, tandis que la chaleur s’échappant de ces turbines est captée pour produire la vapeur utilisée par la société pétrolière pour extraire le pétrole des sables asphaltiques. Ainsi, une seule source d’énergie remplit deux objectifs et réduit de moitié la consommation d’énergie pour les deux activités. L’électricité à faible taux d'émission est acheminée vers l’exploitant d’installations de sables bitumineux et le réseau électrique, réduisant ainsi le recours à l’électricité produite au charbon.
Les centrales de charbon alimentées au gaz sont de plus en plus utilisées pour répondre à la nouvelle demande d’électricité parce qu’elle peuvent être construites rapidement et à proximité des utilisateurs importants, éliminant ainsi la nécessité de gros corridors de transmission. Leur taux d’émissions est le tiers de celui des centrales au charbon classiques, mais on se préoccupe de plus en plus de savoir si la production de gaz naturel du Canada peut augmenter suffisamment rapidement pour répondre à la demande d’électricité sans cesse croissante.
Le charbon génère le taux d’émissions le plus élevé parmi l’ensemble des sources d’énergie et la Canadian Clean Power Coalition s’efforce de changer cela. Ce groupe, formé des propriétaires de centrales alimentées au charbon et des producteurs de charbon du Canada, travaille à la conception d’une nouvelle centrale au charbon à émission zéro dont la construction pourrait débuter en 2012. La Coalition travaille présentement à l’amélioration de l’aspect économique d’un concept qui pourrait convertir le charbon - ou possiblement les résidus de coke - en gaz naturel synthétique. Afin de produire de l’électricité, il serait possible de brûler le gaz naturel synthétique à l’intérieur de turbines ou de l’utiliser dans des combustibles fossiles. Une vapeur d’échappement de dioxyde de carbone (CO2) résultant du processus de gazéification pourrait être purifiée et recueillie pour être utilisée par l’industrie pétrolière. Le dioxyde de carbone peut être injecté dans des puits de pétrole pour améliorer la production, alors que le CO2 demeure enfermé dans les formations souterraines.
Tout en travaillant à la reformulation d’essence pour réduire d’autres émissions, les raffineurs s’efforcent de restreindre leur consommation d’énergie. Le benzène, une substance potentiellement cancérogène présente dans l’essence, a été réduite de 40 pour cent, conformément aux nouvelles lois en vigueur et l’industrie procède actuellement à l’installation de nouveaux équipements pour enrayer la teneur en soufre, un facteur des pluies acides, d’environ 90 pour cent d’ici 2005. En 2006, l’industrie procédera également à la réduction du soufre dans le carburant diesel.
Les composés organiques volatils sont des hydrocarbures qui ont tendance à s’évaporer dans l’air lors du transfert de l’essence des camions-citernes aux réservoirs de stockage des stations-service ou encore les pompes à essence et les véhicules. Les composés organiques volatils sont un facteur de la formation de smog dans les principales villes métropolitaines telles que Toronto et Vancouver et font partie des programmes de réduction élaborés par les raffineurs et les constructeurs de véhicules automobiles. Les raffineurs ont installé des équipements de récupération des vapeurs aux terminaux de combustibles dans le sud de l'Ontario et dans les basses terres continentales de la Colombie-Britannique et ils ont réduit les probabilités d’évaporation (volatilité) de leurs essences d’été, alors que les fabricants d’automobiles munissent les véhicules qu’ils construisent d’absorbeurs de vapeurs de carburant depuis 1998. L’industrie travaille également à l’amélioration de l’évaluation - et à la diminution - des COV provenant de ses raffineries et de ses centrales de traitement de gaz naturel partout au Canada.
Les producteurs d’énergie canadiens consultent les intervenants à tous les niveaux, ainsi que les autorités gouvernementales pour limiter l’impact sur l’environnement. Entre-temps, notre pays, tout comme son économie, continuent de croître et, pour ce faire, il a besoin de quantités de plus en plus importantes d’énergie à faible coût afin de conserver sa capacité à demeurer concurrent au sein des marchés mondiaux.
N. B.: les renseignements statistiques peuvent varier, en fonction de la source et de la date de la publication. Voici quelques-unes des sources consultées pour la rédaction de ce document: l’Association canadienne des producteurs pétroliers, Canadian Clean Power Coalition, l’Institut canadien des produits pétroliers, l'Office national de l'énergie, la Fondation des communications sur les ressources pétrolières, U.S. Department of Energy Information Administration. |