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Raffineries canadiennes

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Images: ©Petroleum Communication Foundation/Centre canadien d’information sur l’énergie 2004



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D’où vient la hausse des prix de l’essence ?

Même s’il est en bon état de fonctionnement, le réseau canadien de raffinage et de distribution de l’essence aura peu de possibilités d’écarter des prix de détail élevés cet été.

À la mi-mai, le Bureau fédéral de concurrence a annoncé la tenue d’une enquête sur les prix de l’essence au moment où les prix moyens de l’essence ordinaire sans plomb avaient atteint 84 cents le litre et les marchés hautement taxés de Montréal et de Vancouver avaient porté ce prix à hauteur du dollar.

Face à des consommateurs en colère, l’Institut canadien des produits pétroliers (ICPP) a demandé que soit remise sur pied une Agence indépendante de surveillance du pétrole qui offrirait au public des réponses objectives aux questions qu’il se pose sur les prix de l’essence. Constatant que les prix canadiens demeurent très concurrentiels face à ceux des autres pays industrialisés, l’ICPP a précisé que les raffineurs du Canada ne peuvent réfréner à eux seuls les forces du marché mondial.

La progression de la demande de pétrole dans le monde a exercé à la mi-mai une pression haussière sur les prix du pétrole portant ceux-ci à 40 $ US le baril (55,59 $ CA), un niveau record vieux de 14 ans, pendant que des soubresauts dans les réseaux d’approvisionnement d’essence aux États-Unis se traduisaient par des augmentations supplémentaires partout en Amérique du Nord.

Les données fournies par l’Energy Information Administration des États-Unis démontrent, par exemple, que la République populaire de Chine a doublé sa consommation de pétrole au cours des 10 dernières années. Le rythme de sa consommation, qui s’établit à 835 866 mètres cubes (5,26 millions de barils) par jour, a dépassé celle du Japon, le deuxième plus grand consommateur mondial de produits pétroliers. On prévoit de plus que sa consommation totale devrait doubler une fois de plus d’ici 2025.

Au cours du quatrième trimestre de 2003, la consommation quotidienne moyenne de pétrole dans le monde s’est élevée, pour la première fois, à plus de 12,7 millions de mètres cubes (80 millions de barils) par jour, alors que celle-ci était de 11,9 millions de mètres cubes (75 millions de barils) par jour en 1999.

Les experts précisent qu’un certain nombre d’enjeux aux États-Unis ont mené les prix de gros de l’essence à New York à des niveaux records à la mi-mai.

Ils ont noté que la constitution habituelle des stocks saisonniers d’essence en vue de la saison de conduite d’été a été ralentie par la nécessité de reconfigurer les raffineries conformément aux règlements fédéraux sur l’essence à basse teneur de soufre. Associés à diverses autres dispositions sur la qualité de l’essence stipulées par les États, ces règlements ont affecté l’importation aux États-Unis de grandes quantités d’essence en provenance de l’étranger.

Le Département américain de l’énergie a indiqué que les raffineries de ce pays tournaient à 96 % de leur capacité et que les importations d’essence à moteur avaient augmenté de 47 830 mètres cubes (301 000 barils) par jour en une semaine pour atteindre 146 038 mètres cubes (919 000 barils) par jour au 7 mai.

Malgré cela, la demande pour l’essence aux États-Unis se situait à 3,2 pour cent en moyenne au-dessus des niveaux de l’année précédente et les stocks d’essence chutaient en fait de 238 365 mètres cubes (1,5 million de barils) au début de mai à un niveau de 1,3 million de mètres cubes (8,1 millions de barils) de moins que la moyenne de cinq ans évalué à environ 34,2 millions de mètres cubes (215 millions de barils).

Dans ce contexte, le prix national moyen de l’essence aux États-Unis a atteint le 10 mai un plafond historique à 1,94 $ le gallon US, soit 45 cents de plus que l’année précédente.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a indiqué qu’il y avait amplement de pétrole sur les marchés internationaux et que rien ne justifiait la hausse des prix du brut. L’OPEP en a attribué la faute aux « tensions géopolitiques » actuelles : l’instabilité politique au Moyen-Orient ; la capacité de raffinage inadéquate aux États-Unis ; les réglementations conflictuelles des États de ce pays sur l’essence ; et les très fortes spéculations sur le prix du brut de la part des fonds d’investissement et des arbitragistes à l’échelle mondiale. Les attaques terroristes contre les travailleurs étrangers du pétrole en Arabie Saoudite, la guerre civile au Nigeria et les perturbations ouvrières actuelles au Venezuela ont aussi favorisé cette spéculation.

Le communiqué de l’OPEP précisait que l’Organisation ferait tout en son pouvoir pour faciliter la stabilisation des prix et que les États membres produisaient déjà quelque 4,1 millions de mètres cubes (25,5 millions de barils) par jour, soit environ 317 800 de mètres cubes (deux millions de barils) par jour de plus que le volume officiellement visé. L’OPEP a aussi déclaré que son prix cible officiel se situait dans une fourchette de 22 à 28 $ US le baril, mais on estime ouvertement qu’elle se satisfera de prix plus élevés tant et aussi longtemps que les économies mondiales ne seront pas repoussées dans leurs derniers retranchements.

Avant taxes fédérales, provinciales et locales, les prix moyens de l’essence au Canada se situaient à environ 54 cents le litre le 11 mai, quelque deux cents CA le litre de moins que le prix américain avant taxes. Le prix moyen canadien après taxes était de 84 cents le litre alors qu’aux États-Unis, il se situait à 69,9 cents CA le litre.

L’ICPP a indiqué que le Canada ne pourrait maintenir avec succès des prix de gros sur l’essence (avant taxes) distincts de ceux des États-Unis et d’ailleurs dans le monde. Si les prix de gros devaient être plus bas dans un marché urbain donné, les camions-citernes s’y approvisionneraient à profusion pour revendre cette essence sur le marché américain. Ces achats auraient un effet à la hausse sur les prix au Canada jusqu’à ce qu’un équilibre transfrontalier ait été atteint. À l’inverse, si les prix étaient moins élevés aux États-Unis, les camions-citernes achemineraient l’essence au Canada, créant ainsi un effet de nivellement sur les prix.

Les prix élevés du brut et de l’essence incitent les raffineurs des deux côtés de la frontière à maintenir leurs stocks à des niveaux peu élevés pour éviter d’avoir à composer avec des inventaires à prix trop forts en cas de retournement de situation à cet égard. Ce phénomène contribue aussi à une gestion serrée des approvisionnements des variétés d’essence, précise l’ICPP.

L’enquête du Bureau de la concurrence est la dernière en date des 20 évaluations fédérales et provinciales effectuées ces dernières années, et ce, même si tous les examens précédents ont constamment établi que les consommateurs canadiens ont bénéficié de l’intense concurrence au niveau de la mise en marché de l’essence.

Deux études marquantes du Conference Board du Canada et de Statistique Canada sont venues récemment étayer cette conclusion. Dans son étude Les quinzes derniers pieds à la pompe - L'industrie de l'essence au Canada en 2000, le Conference Board note qu’en périodes relativement stables des prix du brut, « la volatilité des prix de l’essence est directement fonction de la concurrence au sein de l’industrie ». Dans sa propre étude en profondeur portant sur les prix de l’essence sur une période de 40 ans, Statistique Canada précisait en 1996 que les prix du combustible avant taxes avaient tendance à suivre littéralement ou à un niveau légèrement inférieur le coût global de la vie. L’étude ajoutait que les deux facteurs primordiaux influant sur la hausse des prix de l’essence au Canada étaient les prix du brut établis par l’OPEP et les taxes fixées par les gouvernements fédéral et des provinces.

Au Canada, les taxes sur l’essence varient selon la province, mais la moyenne nationale se situait à 32,1 cents le litre à la mi-mai, quelque 38,2 pour cent des 84 cents du prix du litre à la pompe. Ceci se comparait au coût moyen du brut de 32,8 cents le litre ou 39 pour cent du prix à la pompe. Aux États-Unis, les taxes se chiffraient en moyenne de 15,3 cents CA le litre ou 21,9 pour cent du prix total de 69,9 cents CA le litre.

Au moment où on amorce le début de la période de conduite d’été, il y a peu d’indication d’un allègement du fardeau des automobilistes qui cherchent un répit au niveau des prix de l’essence.


Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien : Questions et réponses


©Le Centre canadien d’information sur l’énergie 2004

Note : Les renseignements statistiques peuvent varier selon la source et la date de la publication. Les sources pour cet article comprennent l’Institut des produits pétroliers canadiens, M. J. Ervin & Associates, www.opec.org et le Department of Energy Information Administration des États-Unis.



 

  

 

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